Pyramiden

Épitaphe d’une utopie polaire

Pyramiden était une ville minière soviétique située à seulement 900 km du pôle Nord, sur l’archipel norvégien de Svalbard. Abandonnée il y a 30 ans pour des raisons économiques, elle demeure l’une des colonies les plus septentrionales du monde et un monument à l’ancienne utopie soviétique.

Loin au-dessus du cercle arctique, entourée de glaciers, de fjords et de montagnes spectaculaires, la petite ville était considérée comme un succès communiste à son âge d’or – et une bizarre anomalie : une communauté soviétique florissante dans un pays de l’OTAN.

Aujourd’hui reste la mine de charbon silencieuse, les routes vides, les bâtiments inhabités : les lieux déserts révèlent l’étrange beauté de ce qui n’est désormais plus affecté que par le temps qui s’écoule, dans une langue du patrimoine, des rêves et de la mémoire.

« Le cadavre abandonné de la ville arctique, signe d’une sorte d’hybris prométhéen du système soviétique, repose dans le paysage stérile de l’archipel norvégien du Svalbard, comme les énormes restes d’un monstre, laissés par la marée. Le Léviathan, déjà mort, mais encore sinistre.« 
Katarzyna Majak