
Nathalie Champagne • Marjorie Gosset • Céline Jacq • Lorraine Turci • Karine van Ameringen
EXPOSITION
Ce que nous gardons
26.09_01.11
Commissariat : Camille Gajate
ESPACE 18
18 Rue Scribe Passage, 44000 Nantes
Du jeudi au dimanche · 15h–19h
Permanences pour nous rencontrer :
jeudi 1er octobre >> Karine van Ameringen
samedi 3 octobre >> Lorraine Turci
jeudi 8 octobre >> Marjorie Gosset
vendredi 9 octobre >> Nathalie Champagne
samedi 10 octobre >> Céline Jacq
dimanche 11 octobre >> Nathalie Champagne & Céline Jacq
jeudi 15 octobre >> Marjorie Gosset & Céline Jacq
samedi 17 octobre >> Lorraine Turci
jeudi 29 octobre >> Karine van Ameringen
DIMANCHE 1er NOVEMBRE, nous serons toutes les cinq présentes pour le finissage
Exposition fondatrice du collectif, Ce que nous gardons est un territoire de correspondances entre les cinq écritures photographiques de ses membres.
Un même mouvement apparaît : la collecte.
Rassembler les fragments de paysages, de peaux, de matières et de mémoire, c’est mener une archéologie perméable du vivant et des lieux. En archivant ces traces éphémères, elles racontent des bribes de ce monde en une cartographie de ce qui nous traverse. Les images deviennent alors des prélèvements, le besoin de retenir ce qui disparaît, se transforme ou échappe.
Ce que nous gardons déplace la notion de collection vers une approche intuitive qui se compose d’échos, de sensations, de motifs récurrents, d’ambiances singulières et d’attentions persistantes.
Habiter le monde, regarder, revenir, retenir, recommencer.

Nathalie Champagne
À travers une photographie de l’intime, Nathalie Champagne explore les transformations qui façonnent les existences, en tissant des liens entre histoires personnelles, expériences singulières et mémoires collectives.
Cette série rassemble plusieurs années de photographies réalisées dans l’errance et le passage. Autoportrait sensible, fragments de matières végétales, pénombres et paysagessilencieux y dialoguent dans une même densité : celle d’une présence au monde en quête de sens, à la fois douce, mélancolique et tumultueuse.
La couleur — sourde, retenue, faite de bruns profonds, de verts absorbants, de noirs habités et de lumières pâles — devient ici un état. Imprégnées de ces nuances, les images composent une texture de l’intime : une posture habitée, attentive à ce qui affleure, disparaît ou demeure, à l’extérieur comme en elle-même. Une forme de méditation silencieuse, où le regard se tient à l’écoute de ce qui advient.

Marjorie Gosset
Photographier pour retenir. Un geste qui accompagne une attention particulière à ce qui passe, se transforme ou disparaît. Pour Marjorie Gosset, la nécessité de garder s’est intensifiée avec la naissance de son fils : gestes, corps, matières, éclats de lumière et fragments de paysages sont devenus les traces d’un quotidien en mouvement.
Au fil des années, photographies, mots et dessins se sont accumulés, comme autant de bribes d’une histoire en train de s’écrire. Les images naissent de rapprochements intuitifs, de formes, de matières ou de présences qui se font écho, entre enfance et disparition, douceur et inquiétude, intime et paysage.
L’eau, récurrente dans son travail, traverse ses photographies comme un espace de mémoire et de transformation. Avec «Je suis née en même temps que toi», Marjorie Gosset explore ce qui se transmet et ce qui demeure : la naissance d’un enfant, mais aussi celle d’une mère, et le désir de préserver ce qui, par nature, nous échappe.

Céline Jacq
Une grenade éclatée dans la pénombre, une branche brisée, un végétal saturé d’un rouge incandescent : les images de Céline Jacq saisissent une nature traversée d’étrangeté.
Par d’infimes décrochages chromatiques ou lumineux, le paysage glisse hors de ses gonds familiers, oscillant entre poésie feutrée et sourde brutalité.
Ces failles du réel prolongent une trajectoire singulière. Longtemps guidée par un regard journalistique attentif aux marges et aux invisibilités du monde, Céline Jacq s’affranchit ici de la stricte fidélité du reportage. En altérant la matière brute du vivant, elle sonde la façon dont le dehors heurte et bouscule ses émotions intimes. L’image devient alors le sismographe d’un séisme intérieur permanent. Ce que nous gardons se loge précisément là : dans ces visions fissurées où le regard résonne avec le monde.

Lorraine Turci
D’une approche initialement documentaire, Lorraine Turci développe une photographie où l’image devient un espace de recherche sur les récits, les mémoires et les constructions symboliques qui organisent notre relation au monde.
Son regard s’est construit à partir d’une expérience de la périphérie : une enfance en ruralité, au sein d’un milieu ouvrier marqué par l’histoire de l’immigration. Cette trajectoire nourrit une attention particulière aux espaces marins, insulaires, frontaliers ou enclavés, ainsi qu’aux existences qui les traversent.
«À l’éclipse du monde» rassemble une récolte d’images du territoire antarctique, entre mythe, observation et hallucination. Retravaillées dans leur matière même, elles cherchent à introduire une forme d’étrangeté et à témoigner d’un monde dont les équilibres se dissolvent. Un regard cosmonaute, presque animal, dans le désir de saisir un monde en train de nous échapper.

Karine van Ameringen
Animée par le désir de construire de nouveaux imaginaires issus de la vie domestique, Karine van Ameringen invente des interstices au cœur même de ce qui l’entoure. Elle s’attache aux matières les plus triviales, qu’elle érige en territoires éthérés. Les œuvres qu’elle façonne transcendent l’aspect élémentaire d’objets épars, en explorent la singularité lumineuse, tout en déployant les gammes chromatiques comme une matière façonnable. La couleur s’émancipe ainsi de sa fonction descriptive pour s’imposer comme un événement en soi.
Le travail de Karine van Ameringen dessine les contours d’une mythologie personnelle traversée par des enjeux de filiation, de genre et d’exil. Les objets qui s’amoncellent, les espaces qui l’imbibent et les corps qui se heurtent à la vie sont autant d’éléments qui habitent ses images. Qu’elles soient fixes ou en mouvement, figuratives ou abstraites, ses recherches plastiques interrogent les identités, les regards et nos façons de raconter des histoires.
@ L’équipée










